Petit manuel d’introduction à la discipline positive

Petit manuel d’introduction à la discipline positive (Partie 1)

Par Émilie

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La discipline positive est entrée chez nous par nécessité.

Tsé, le sentiment d’incompétence perpétuelle relié au fait que tu répètes douze fois la même consigne, que tu as encore perdu tes moyens devant ton fils qui vide la poivrière sur le plancher pendant que tu allaites la petite dernière, même si tu t’étais promis que ça n’arriverait plus. Ce doux mélange de culpabilité, d’impuissance, d’incompréhension et de grand amour, du désir de faire mieux, de vivre mieux. La conviction qu’il doit y avoir une solution, il DOIT y avoir une autre façon de faire que de punir et d’élever la voix.  

C’est exactement ce que propose Brigitte Racine dans son livre « La discipline, un jeu d’enfant ». Mme Racine soutient qu’un enfant dont les besoins sont comblés sera davantage disposé à collaborer et à écouter. Logique. Elle suggère une série de principes et d’actions pour éviter d’en venir à l’éternelle punition. Il s’agit donc d’exercer une autorité ferme, mais pleine d’empathie et de respect. Attention, elle promet même que nous ne répéterons plus dans le vide!

Il y a un an, pleine d’espoir, je me suis procurée ledit bouquin et j’ai assisté à l’une de ses conférences. J’ai instauré des façons de faire dans notre maison en m’inspirant de son approche, tout en adaptant le tout à nos valeurs et nos limites.

Bon, je ne dirais pas que c’est un jeu d’enfant, loin de là. C’est un apprentissage, c’est long, il faut y mettre du temps. Ce n’est pas un remède miracle non plus et je ne peux pas dire que ça fonctionne à tous les coups. Est-ce que les punitions et les menaces plates ont complètement disparu de notre maison? Non. Est-ce que je me sens plus outillée pour faire face aux crises inévitables? Oui.

Étape 1 : le temps d’exclusivité

L’étape 1 de la discipline positive consiste à amener l’enfant à collaborer. Il faut que l’enfant veuille vous écouter, qu’il ait envie de participer parce que ses besoins sont comblés et non parce qu’il y est forcé ou obligé. Comment? En instaurant un temps de jeu exclusif (un seul enfant à la fois et un seul parent) d’une durée de vingt minutes, de trois à cinq fois par semaine.

Vous vous dites peut-être, « je le fais déjà ». Vérifiez, pour voir.

On parle ici de vingt minutes où il n’y a aucune interruption de la part de quelqu’un d’autre ou du téléphone, pas de courriels, un temps exclusif à l’enfant (sans ses frères et sœurs). Un vingt minutes où votre enfant choisit les jeux, modifie les règles et vous vous y pliez, tant que le respect y est.

Il peut vouloir vous déguiser, vous faire faire le train, le cheval, une recette, peu importe, c’est son imagination qui guide la danse! On évite tout ce qui est tablette, émissions, vidéos et autres jeux électroniques. Ici ces temps-ci, je reconstruis perpétuellement la maison la plus haute du monde avec son jeu de blocs. C’est ce qu’il demande, que voulez-vous.

Cette pratique renforce le sentiment de compétence des enfants car ils se sentent entendus et respectés dans leurs choix. Ils s’amusent en faisant une activité qu’ils aiment, se sentent rassurés en passant du temps avec leur parent et surtout en sachant que les vingt minutes d’exclusivité reviendront dans la semaine, juste pour eux. Ça devient un petit moment spécial qui fait partie de leur routine. On appelle ça, combler les besoins en mode jus concentré.

Donnez-vous le temps

L’une des erreurs que j’ai faites en voulant intégrer une approche de discipline positive chez nous a été de vouloir tout faire en même temps et d’exiger des résultats rapidement. Erreur de débutante, dites-vous mais oui, la perspective d’avoir un foyer harmonieux était trop séduisante pour me permettre la patience.

C’est pourquoi dans ce billet je vous donne juste la première étape. Les autres viendront n’ayez crainte. Mettre en place cette pratique peut être un défi en soi pour bon nombre de foyers. Si chaque parent veut le faire, avec chacun des enfants, ça commence à faire beaucoup de temps dans la semaine et il faut tout de même que les soupers se fassent et que les bains se prennent.

Ce qui a bien marché chez nous, ça a été de rendre ce temps d’exclusivité très clair, à l’aide d’un petit signal sonore et en lui expliquant ouvertement: « c’est notre temps ensemble, juste maman et toi, tu peux choisir à quoi on joue et quand la cloche va sonner, ce sera fini mais on se reprend dans deux dodos ».

Attention, il est bien important de tenir parole et de ne pas répondre au téléphone pendant le temps d’exclusivité, par exemple. Gardez en tête que ça ne veut pas dire que ce sont les seuls moments dans la semaine où vous jouez avec votre enfant. Bien sûr, il y en d’autres et en vous occupant d’eux de beaucoup d’autres manières, vous faites déjà un boulot du tonnerre pour combler leur besoin.

J’ajouterai que les résultats se font sentir assez rapidement. En l’espace d’une semaine voir deux, j’ai vu une belle différence chez mon plus vieux.

Pas encore un autre conseil!

Bon, là c’était important pour moi de vous dire que si vous ne le faites pas, que vous oubliez pendant une semaine ou que vous n’avez juste pas le goût, que vous faites dix minutes au lieu de vingt, ce n’est pas grave! Votre enfant va bien. Vous êtes un bon parent. Vous n’êtes pas un parent à la « discipline négative ».

Les enfants passent par plusieurs phases de développement dont certaines sont plus éprouvantes que d’autres pour les parents. Aucune approche ne pourra changer ça, aussi positive soit-elle.

Nous n’avons pas de prise sur cette évolution mais nous avons le pouvoir de changer notre attitude vis-à-vis d’elle. Entre vous et moi, le temps d’exclusivité me fait du bien aussi.  Je vis moins de culpabilité car je passe du temps avec mon enfant, je travaille mon imagination et je vois le bonheur dans ses yeux. Je perds moins les pédales et j’accumule moins de frustration. Et oui, je répète moins! Restez à l’affût le mois prochain pour la suite de la démarche…

Emilie

Emilie est maman de deux enfants et l’amoureuse de son chéri. Elle est aussi sœur, fille, petite-fille, amie et grande amie. Elle essaie de concilier tout ça. Elle est citoyenne et villageoise des cantons où elle s’implique comme elle le peut car elle est maman, on s’en rappelle. Elle croit que la solidarité, le partage et l’écoute entre parents est un remède contre la culpabilité, le jugement et l’impuissance. C’est avec cette intention qu’elle met sa plume au service de la Basse-Cour.

Elle aimerait être céramiste et voyager plus, mettre l’écriture au centre de sa vie mais pour l’instant elle détient une maîtrise en environnement et enseigne le yoga dans sa communauté, notamment aux femmes enceintes. Depuis la naissance de ses deux enfants, Emilie a développé un intérêt pour le périnée, cette petite bête à apprivoiser…À suivre dans ce blogue!

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