3 enfants, une césarienne, deux AVAC

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Par Roxane

En 2012, j’ai donné naissance à mon premier garçon. Je n’utilise pas le terme «j’ai accouché», puisque mon garçon est arrivé dans notre monde par césarienne d’urgence. Après un travail de plus de 36 heures, un arrêt de progression et un cœur de bébé qui avait de la difficulté, les médecins ont décidé de m’emmener en césarienne. Sur le moment, j’étais d’accord. Sur le moment, j’avais mal, j’avais 21 ans, j’étais vulnérable et je ne connaissais pratiquement rien au concept de l’accouchement. Je n’utilise pas les mots «j’ai accouché», puisque pour moi, c’est un élément manquant, je n’ai pas accouchée, le médecin m’a accouché. Physiquement, je n’ai pas eu mal, le rétablissement s’est même très bien déroulé. Psychologiquement, c’était autre chose. J’avais l’impression qu’on m’avait volé ce privilège, j’avais l’impression que mon corps m’avait abandonné, j’avais l’impression que je n’étais pas capable d’accoucher par moi-même. Les mois ont passé, je croyais que j’avais accepté la situation.

 

Puis en 2016, j’ai commencé ma formation en accompagnement à la naissance. BOUM! Ce tiroir dans lequel j’avais rangé les souvenirs de la naissance de mon fils a explosé. J’ai pleuré, beaucoup. J’ai compris que les choses auraient pu être totalement différentes si j’avais été informé. Si j’avais su qu’il y avait des moyens plus naturels pour faire maturer un col, autre que le tampon de prostaglandine, si j’avais su qu’il existait certaines techniques qui aident un bébé en postérieur à se tourner, si j’avais su que telle ou telle position favorise le bon déroulement de l’accouchement, mais surtout si j’avais su que j’avais LE DROIT de refuser les interventions médicales, je ne serais sans doute pas entré dans l’engrenage des interventions médicales. Peut-être que j’aurais tout de même vécu une césarienne, mais mon travail aurait été différent, j’aurais mis toutes les chances de mon côté. Ma formation m’a aussi servi de thérapie, de passage vers la guérison et heureusement, car je l’ignorais encore à cet instant, mais un deuxième petit garçon s’était logé dans le creux de mon bedon.

 

Dès l’apparition du petit plus sur le test de grossesse, je savais que je partais à la guerre. Pas question que mon travail se termine en césarienne cette fois, j’allais réussir mon accouchement vaginal après césarienne (AVAC). J’ai lu tout ce qu’il y avait à lire sur le sujet. Je me suis renseignée sur les pourcentages de risque en tentant un AVAC. J’étais prête à  »affronter » l’équipe médicale. J’ai médité, j’ai visualisé, j’ai créé mon plan de naissance, j’ai aussi inclus mon amoureux dans le processus, car je savais à quel point le soutien est capital lorsqu’on tente l’AVAC. Le 30 juin 2017 (jour de mon anniversaire), le travail à commencer, nous étions prêts. Et bien, je n’ai pas eu à me battre, tout s’est très bien déroulé. Je crois que ma préparation, mon attitude et le soutien de mon conjoint on fait une grosse différence. Je savais quelle position prendre à quel moment, dans quel état d’esprit je devais me trouver et je comprenais les différents signaux de mon corps. Le 1er juillet 2017, j’ai ACCOUCHÉ de mon deuxième garçon. La fierté que j’ai éprouvée à l’instant où mon fils à été déposé sur ma poitrine, est indescriptible. J’ai complété mon AVAC!

 

Il y a trois mois, j’ai complété mon second AVAC avec la naissance de mon troisième garçon. Pendant cette grossesse, j’ai fait valoir mes droits en refusant qu’on mesure ma cicatrice de césarienne. On m’a lancé un drôle de regard et on m’a fait un discours alarmant sur les risques que je prenais en refusant l’intervention. Aujourd’hui je n’ai plus 21 ans, je suis informée, je sais que la mesure de la cicatrice n’est pas un indicateur fiable, je sais que le risque de rupture utérine dans mon cas était d’environ 0.5 %, je sais que je suis capable de donner naissance à mes enfants par voie basse. Non, le ton de reproche et le ton alarmant de l’infirmière ne me fait pas peur, car je sais et j’ai confiance.

 

Tu sais quoi? J’ai fait la paix avec ma césarienne. J’ai compris, que chaque bébé choisi sa façon de venir au monde, mon fils devait vivre cette expérience. J’ai aussi compris pourquoi, moi, je suis passée par là. La naissance de Jacob, m’a poussé vers l’accompagnement à la naissance, grâce à lui je peux accompagner les femmes dans cette grande aventure de la maternité.  Alors, si tu hésite à tenter l’AVAC, j’ai envie de te dire de te faire confiance, si tu souhaites être guidée pour bien te préparer, je suis là pour toi.

À bientôt,

Roxane.

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