L’anxiété d’exister

Par Marie-Ève

Je crois que j’avais déjà mentionné ici que je vis avec un trouble anxieux. C’est un diagnostique (non officiel) qui m’est tombé dessus pendant ma thérapie en santé mentale, suite à ma seconde fausse couche.

Cette seconde fausse couche d’ailleurs, ça fera deux ans le 17 juillet. Deux années assez remplies en suivi de toutes sortes, non pas pour ma santé physique, mais pour ma santé mentale.

Le 5 juillet dernier, mon mari et moi (allo Michael!) avons fêté notre cinquième anniversaire de mariage. Et pour l’occasion, j’ai procédé à un petit décompte des choses marquantes et/ou difficiles qui ont jalonnées ces dernières années. À nous deux, nous avons cumulé six thérapies. SIX! Et le plus intense dans tout ça… cinq était pour moi… dans les trois dernières années seulement! Mon but ici n’est pas que vous pensiez que je suis bonne à interner, ou que je cours les psys. Mais qu’il est important de prendre soin de soi. Vraiment important. Je vous l’accorde, mon contexte de vie à ce moment-là se prêtait particulièrement bien à mon horaire digne de Justin Trudeau! Mon coco à la garderie, mon mari au travail et moi à la maison. Une chance que j’étais seule parce que je suis passée par de méchants bas.

L’anxiété, c’est une drôle de bebitte. C’est nécessaire pour la survie de toutes les espèces, mais à dose raisonnable. Celle qui m’habite est loin d’être raisonnable. Je suis tombée à un niveau où je ne pouvais plus sortir de chez moi. Où ça me prenais 30 minutes me lever pour aller virer mon lavage parce que mon cerveau voyait la cascade de tâches qui en découlerait (laveuse, sécheuse, pliage, rangeage, repeat) et je figeais sur mon divan. Tout ce que je faisais, c’était écouté Netflix. Intense non?

Aujourd’hui, après un peu plus d’un an sous antidépresseurs, une dose augmentée en postpartum (parce que je suis retombée) et toutes ces thérapies/suivis enfin bouclés, je peux dire que j’en ai débroussaillée de la cochonnerie dans ma vie, dans ma tête, dans mon coeur. Je vis sur mon X, je trouve ma place, je trouve qui je suis. Mais.

Parce qu’il y a toujours un MAIS. L’anxiété ne quitte jamais. Écrire sur le blogue de La Basse-Cour, c’est quelque chose qui me motive, qui me permet de mettre en application plusieurs de mes talents. Sauf que dans mon cerveau qui baigne dans l’anxiété de performance, rapidement, ça devient malsain. Les obligations, les deadlines, je les gère très mal maintenant. Autant j’ai fait sept ans d’études supérieures en vivant sur l’adrénaline des dates de tombée, autant maintenant, la ligne est mince entre la mise en action et l’immobilisme maladif. Alors j’applique mon meilleur truc. La mise en action. L’action repousse l’anxiété. C’est dangereux quand on vit avec de l’anxiété de performance, parce qu’il ne faut pas s’ambitionner. Alors je suis mes élans.

Ce soir, je suis sortie de la chambre de mes fils. J’ai eu une envie d’écrire pour LBC. Je ne savais pas ce que ça donnerait. Mais voilà, je vous ai partagé quelque chose que j’ai besoin de sortir, besoin de faire connaître. Pour me ventiler, mais surtout pour aider. Parce que la deuxième étape vers la guérison (la première c’est de se rendre compte qu’on a un problème!), c’est la validation par autrui. Vous êtes valides. Vos sentiments, émotions, problèmes sont valides. Vous n’avez pas à vivre avec un inconfort qui prend toute la place.

Câlins virtuels, belle communauté!

Marie-Ève

Femme, amoureuse, maman, mamange et future sage-femme.

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